Aza'keal, lame de Vaelys

Discussion dans 'Backgrounds de personnages' créé par Andorenil, 8 Juillet 2013.

  1. Andorenil

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    Maître Telios, un vieil homme qui avait toujours été au service de la famille Vaelys, s’affairait dans le grand entrepôt en acier et en bois. Suivit par son jeune apprenti principal, il comptait et contrôlait le stock qui venait de lui être livré.
    A soixante-neuf ans, Telios était l’un des derniers forgerons capables de forger l’acier hadjin, pour former les lames des membres de la famille Vaelys. Tous les hivers, il convoquait dans son atelier reclus, loin et perdu dans des contrées désertiques et inconnues de tous, une équipe composée des membres indispensables pour fondre l’acier hadjin.
    Cet acier, utilisé depuis des siècles et des siècles, était, disait-on dans les histoires, forgé avec le feu d’un dragon noir. La seule trace de ce mythe perdu étant le four au milieu de l’atelier principal. Une tête de dragon noir en un métal inconnu qui émergeait du sol et qui crachait du feu vers le haut lorsque le brasier était allumé,
    Ce four sacré avait, encore dans les mythes, des propriétés en rapport avec les dragons rouges également, mais personne n’avait jamais été capable de prouver cela ou de le réfuter. La tradition exigeait simplement de procéder ainsi.

    Telios déambulait donc dans l’entrepôt à côté de l’atelier de la forge. Devant lui, plusieurs caisses venaient d’être ouvertes. Les trois premières contenaient une quantité astronomique de charbon de bois, vingt-trois tonnes en tout. La quatrième, plus petite, contenait huit tonnes de sables ferrugineux extrait des montagnes de Dun Morogh.
    A la différence du minerai de fer, ce sable contenait moins de phosphore, et moins de souffre. Idéal pour un acier qui ne doit ni rouiller, ni se briser.
    Hochant la tête d’un air satisfait, Telios fit signe d’allumer le brasier. Le crâne du dragon ne mit pas longtemps à enflammer sa gueule dans l’atelier principal et les hommes commencèrent à le nourrir de charbon. Peu de temps après ils ajoutèrent, petite à petit, le sable ferrugineux. Le souffle ardent du four-dragon fit monter la température de la pièce à la limite du supportable, mais le vieil humain avait plusieurs décennies d’expérience et il ne fit que froncer les sourcils.
    Les apprentis et les employés, eux, manquèrent plusieurs fois de se brûler avec l’air chaud qui tournoyait au dessus du feu. En dessous du creuset, incrustés à la tête de dragon en métal, se trouvaient de petits trous dans les écailles. Ils permettaient l’installation d’une dizaine de tuyaux, tous de vingt centimètres, tout autour du feu pour l’alimenter en air et donc en oxygène. Gardant constamment un œil sur le feu, Telios pouvait surveiller le bas du four grâce à des petits œillets placés juste au dessus des tuyaux. Il savait pertinemment que le sable ferrugineux mettait à peu près une heure à atteindre le charbon en bas et s’y mêler, mais il ne quittait pas la « Flamme du Dragon » des yeux. Il appelait ainsi le feu de ce creuset sacré.
    Il surveillait ainsi que le sable se transformait bien en acier hadjin, son œil expert repérant le moindre souci. Il confectionnait et travaillait ainsi depuis sa tendre jeunesse.
    Tandis que Telios guettait les flammes et leurs crépitements, son apprenti principal adressa une prière à l’autel de Meïpha, la personnification de la forge, un culte lié à la famille de Maître Télios et que tous dans son équipe de forgeron approuvaient. L’autel était à plusieurs mètres du brasier, et directement dirigé vers le feu afin que l’entité honorée puisse l’observer. Il était assez vétuste, orné de plus de choses symboliques que précieuses.

    Pendant trois jours et trois nuits, sans s’accorder un seul temps de sommeil, Telios surveilla le feu qui dévorait le sable et le charbon pour donner naissance à l’acier hadjin. Même durant les phases de repos il restait assis à fixer le feu. Vers cinq heures du mâtin, après cinquante six heures de travail intensif et continu, Telios décida de vider le creuset. Les hommes firent basculer à l’aide de manches en bois la tête du dragon au sol et l’acier en fusion se rependit dans une cuve placée à côté. Dans le fourneau, la température atteignit 1500°C, ce qui fit monter l’atmosphère de la pièce à la limite du supportable. A l’aide des mêmes manches en bois traités, ils remuèrent et cassèrent une gangue de charbon hérissée de flammes de plusieurs mètres carrés. Ils travaillèrent, avec Maître Télios, à libérer la matière contenue au cœur de ce bloc de charbon : le noyau d’acier chauffé à blanc. L’acier hadjin.
    Ils s’arrêtèrent alors de travailler lorsque tout le noyau d’acier fut extrait et posé sur des cendres chaudes dans le second atelier.
    La dizaine d’employés, l’apprenti et le Maître partirent alors s’accorder un premier vrai repos depuis trois jours. Louant Meïpha, ils firent couler le vin et en prirent chacun un verre. Mais le travail n’était pas encore terminé. Le lendemain mâtin, au lever du jour, les hommes vinrent chercher ce que la déesse leur avait accordé. Un noyau d’acier de trois mètres de longs sur deux mètres de large. Il aura fallut trente-et-une tonnes de charbon et de sable de fer pour constituer ce bloc de trois tonnes.
    Cette quantité astronomique de matériaux spéciaux rendait l’acier hadjin cent fois plus cher et précieux que l’acier courant, mais d’une qualité également cent fois meilleure. Le spécialiste reconnu la qualité du bloc à sa couleur, appréciant le rouge encore contenu dans la ‘roche’ noirâtre.
    Seul le métal situé en périphérie du bloc pourrait être utilisé pour constituer une lame, de part sa plus forte oxydation. Il s’agissait désormais de débiter la précieuse matière et de la répartir pour former plusieurs pièces. Maître Télios était ravis et très satisfait du résultat. Pour lui, c’était comme avoir un fils.

    Pour commencer à forger une lame Vaelys en acier hadjin, il faut d’abord se purifier l’esprit, c’est pourquoi Maître Télios débuta la journée par une méditation d’une heure et une courte prière à Meïpha. Après une semaine de repos, le travail du forgeron peut enfin commencer.
    Maître Télios, son fils ainsi que son apprenti principal se mirent alors dans l’atelier de modelage équipé d’un petit four. La pièce, sans meuble, était de taille réduite. Télios fit chauffer longuement le bloc d'acier auparavant débité, de la taille d’une assiette. Puis il le saisit avec une pince d’acier et le fit tenir, bloqué, sur une petite enclume de fer. Le posant dessus, et le maintenant à l’aide de la pince, il laissa son fils et son apprenti le soin de le marteler tour à tour de coups de marteau de forgeron à deux mains. Tout ceci afin de le débiter au fur et à mesure en petits morceaux plats qui ne dépassaient pas les cinq centimètres. Il fit de même pour deux autres petits blocs d'acier, ce qui dura toute l’après-midi. Ils trièrent après quoi les petits morceaux en fonction de leur teneur en carbone et en assemblèrent une partie en une petite gaufrette sur une plaque d’acier munie d'un manche. Ils l’entourèrent d’une fine couche d’un étrange papier fin fait à partir de plantes fibreuses de la région, puis ils l’arrosèrent d’eau argileuse et de cendres afin d’éviter les inclusions d’oxygène à la surface du métal, ce qui aurait pu, plus tard, faire rouiller la lame. Ils la firent alors à nouveau chauffer et recommencèrent à la frapper avec les marteaux. Le martelage régulier de la « gaufrette » d’acier hadjin permit de répartir de façon homogène le carbone dans l’acier, tout en chassant les bulles d’air et les impuretés. Commença alors le pliage des couches métalliques. Afin de retirer toute impureté dans le métal, les trois forgerons commencèrent alors à travailler la petite plaquette d’acier hadjin. Plaçant une hache au centre, ils entaillèrent le milieu et, à coups de marteaux, la replièrent sur elle-même. Deux couches étaient désormais crées.

    Pendant plus d’une semaine, ils travaillèrent d’arrache-pied pour reproduire sans cesse cette pliure, dédoublant à chaque fois le nombre de couches. Au final, il y en eu vingt trois milles, chacune ne dépassant pas un millième de millimètres d’épaisseur.
    L’acier de la lame, pour pouvoir briser autant une cible tendre que très dure, devait également être dur. Le problème, c’est que ce genre d’acier cassait facilement, alors Maître Télios avait développé un système de lame composite formée d’une enveloppe en acier très dur et d’un noyau central en acier plus souple. La souplesse du roseau et la finesse d’une lame de rasoir.
    Plusieurs jours durant ils continuèrent d’étirer le bloc d’acier en le chauffant et en le martelant. Lentement, la lame commença à prendre forme. C’est là que Telarion, l’enchanteur au service de Maître Telios, vint les aider. La création d’une lame aussi importante que celle du premier fils de la famille Vaelys nécessitait un traitement spécial, et Telarion allait devoir forcer son talent d’enchanteur d’armes. Spécialisé dans l’application d’améliorations et d’enchantements sur les armes et non les personnes, il était assez doué pour leur conférer des propriétés multiples.

    Deux semaines passèrent pendant lesquelles Telarion avait imprégné la lame d’énergie arcanique afin de lui insuffler de quoi procéder à un enchantement puissant, une fois son tranchant et ses propriétés finales achevées. Télios appliqua alors au pinceau une ligne sur chaque côtés de la lame. Un mélange d’argile, de cendre et de poudre de pierre ponce destiné à donner à la lame sa ligne de trempe.
    Alors enfin les autres apprentis et employés forgerons vinrent rejoindre les trois travailleurs et plongèrent la salle dans l’obscurité en fermant les rideaux et les volets. Ils allumèrent des bougies et ensembles ils prièrent Meïpha.
    Dans la salle adjacente, on entendit des bruits étouffés d’incantation. Pendant les trois semaines de forges, deux invocateurs au service de la famille Vaelys avait œuvré pour former un portail démoniaque et conjurer à eux un chien gangrené. Ces bêtes mythiques et légendaires, réputées pour posséder des pouvoirs arcanique immenses et savoir brûler le mana, le consumer directement chez un mage ou contrer les plus expérimentés des sorts, étaient recherchées dans le processus de création de cette lame. Les invocateurs, pendant que les forgerons priaient, amenèrent à eux la bête, achevant ainsi le long rituel. Sans lui laisser le temps d’agir, un homme tenu derrière elle l’égorgea. Les invocateurs se précipitèrent vers elle pour la maintenir le temps que la bête mourrait et ils remplirent une jarre complète de son sang.

    Les forgerons, au son des bruits, se mirent alors à entourer le Maître Télios. Celui-ci saisit la lame d’acier hadjin et la plongea dans le feu de forge si chaud qu’il en était bleu. Il se mit alors à observer avec soin les variations de couleur au niveau de la lame, la chauffant de façon uniforme à 800°C. La chauffer trop pourrait endommager la gaine d’argile, tandis ce que ne pas la chauffer assez risquerait de nuire à son durcissement. Quand la lame prit la couleur du soleil qui se lève, il fut temps. Il la sorti du feu et se tourna. Les invocateurs de la famille Vaelys mirent dans un bac le sang du traqueur gangrené, froid.
    Maître Télios s’approcha alors du bac et plongea la lame dedans. Dans un crépitement et un bruit soufflé, le sang entra en ébullition tandis qu’il imprégnait la lame de ses propriétés, tout en trempant l'acier. Télios la fit « nager » dedans en prononçant une prière à Meïpha et la tira du bac de sang fumant.
    Le refroidissement brutal dans le sang du démon modifia la structure cristalline de l’acier et accentua la courbe caractéristique de la lame, lui conférant sa forme de sabre. Les forgerons s’inclinèrent tous alors devant le Maître et sortirent, tandis que Télios se posta à côté de la lame, la maintenant contre une plaque de bois. Telarion entra en scène, enchantant la lame à l’aide de l’énergie insufflée dedans et du sang de démon avec lequel elle avait été trempée. Il lui conféra la capacité d’absorber le mana à chaque fois qu’elle mordrait la chaire, à la manière des lames des brise-sort de Quel’Thalas. Il y garda un peu d’énergie pour un autre enchantement, qu’il réaliserait une fois le tranchant de la lame affûté.

    Le Maître Télios fit alors reposer l’acier pendant un jour et une nuit, après quoi il entama un premier polissage pour faire apparaître la ligne de trempage. En tant que maître artisan, il fit graver sa signature sur le côté de la lame qui allait être dans le pommeau, puis pour la famille Vaelys il grava le souffle d’un dragon sur la moitié de la longue de la lame, avec une petite pierre et un marteau de sculpteur. Vint alors le temps de polir et affûter la lame, ce qui prit dix jours à Télios. Au fil des jours, il changea souvent de pierre à aiguiser, à chaque fois à grain décroissant. Il usa de sept pierres différentes, grès, granit, calcaire, et d’autres encore. La dernière fut sous la forme de minuscules fragments frottés à l’acier afin de révéler le grain de l’acier. Plusieurs jours après, il avait finit d’affûter totalement la lame. Il lui appliqua alors un mélange d’huiles et d’oxyde de fer pour la protéger de la rouille.
    Télios sourit et, se saisissant de la lame, marcha quelques minutes dans la forge en se dirigeant vers une pièce en particulier. Dedans, il y trouva un aquarium en verre renfermant deux tortues. Il plongea son autre main dans le bac et en saisit une. Elle faisait la taille d’un gros rat mais sa carapace, dure, la protégeait des agressions. Le vieil homme sorti de la forge et la posa sur une pierre, tranquillement.
    La belle après-midi ensoleillée bâtait son plein et le ciel bleu ne comportait aucun nuage. Télios sourit, se mit en posture et abattit la lame sur la tortue, pour lui faire goûter La pauvre créature, pourtant munit d’une carapace des plus solides, se fendit en deux comme un morceau de beurre. Le maître forgeron venait de retirer la virginité de sang à cette lame. L’abreuver ainsi en sang lui donna un air nettement plus menaçant. Il retourna à la forge afin de la nettoyer et lui trouver un fourreau adapté.
    Quelques jours plus tard, Telarion revint avec en main une sacoche de poussière de mana cristallisé, obtenue lors du désenchantement d’objets magiques. Lorsque Maître Télios lui tendit la lame, il en recouvrit l’acier et commença un rituel de quelques minutes afin d’imprégner la lame d’un double enchantement.
    Premièrement, il lui conféra la propriété vorpale, qui lui donna un tranchant si redoutable qu’elle pourrait sans mal trancher un membre pourvus d’armure de cuir si le coup était porté de la manière idéale.
    Deuxièmement, il la pourvut de sa nouvelle création. L’arme devint réceptacle pour une âme, gagnant la possibilité d’accueillir une âme en son sein. Si le sabre était investi d’une âme, elle pourrait s’exprimer mentalement à son possesseur et infliger des dégâts supplémentaires aux individus contraires à son alignement. Une âme loyale par exemple ferait doublement plus de dommages à une créature chaotique. Les yeux de Télios brillèrent en observant le processus qui dura plus d’une heure en tout. Il sourit en voyant Telarion lui rendre l’épée. L’arme était achevée.

    Edit : Navré pour le fait que ça arrache les yeux comme de l'acide mais je ne suis pas familier avec ce forum. ^.^"
     

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